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Denier de Dieu - Tenari a te Atua

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EXPLOITATION DES FONDS MARINS 02/09/2026

Lors de notre dernière assemblée en Août 2025 à Pago Pago, nous, évêques de la Conférence des Évêques du Pacifique (CEPAC) avons voulu préciser quel devait être le rôle de la CEPAC comme présence d’Église dans cette région du monde, en rappelant cette question : “Qu’est-ce que Dieu veut pour l’Église dans le Pacifique aujourd’hui ?”. Parmi les réponses, figurait celle-ci : face aux défis économiques - disparité dans la distribution des ressources – gestion du tourisme – gestion de la pêche et des zones de pêche – présence de multinationales – exploitation des fonds marins, que la CEPAC soit une voix prophétique au nom de la création, de l’océan et des peuples. Et justement, le 10 août dernier, elle publiait une déclaration pastorale signée de Mgr Ryan JIMENEZ, archevêque de Agaña (Guam) et président de la CEPAC, portant sur l'exploitation minière des grands fonds marins. Un article de Deborah Castellano Lubov, publié sur le site “Vatican News” du 13 Août 2026 rendait compte de cette déclaration

“Alors que l'exploitation minière commerciale des grands fonds marins semble imminente dans certaines régions du Pacifique, les évêques de l'océan le plus vaste de la planète appellent à la prudence, soulignant... que « lorsqu’il existe un risque réel de préjudice grave ou irréversible, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit jamais servir de prétexte pour agir sans la diligence requise ». « Tant qu’il n’y aura pas de preuves convaincantes démontrant que cette activité peut être menée sans causer de dommages graves ou irréversibles, la prudence nous invite à faire preuve d’une grande circonspection. » « L’Histoire, ont-ils souligné, nous enseigne que lorsque la science demeure incertaine quant aux conséquences d’actions susceptibles de causer des dommages graves ou irréversibles, la sagesse nous invite à agir avec humilité, prudence et discernement dans la prière. »

Les évêques ont encouragé « tous ceux qui assument la responsabilité des décisions concernant l’exploitation minière des grands fonds marins à agir avec sagesse, transparence, humilité et un souci sincère du bien commun ». Or, ont-ils souligné, l’exploitation minière commerciale des grands fonds marins dans la région semble aujourd’hui de plus en plus imminente. Ils ont ainsi averti que de vastes zones des fonds marins du Pacifique, notamment les 13,3 millions d’hectares situés dans les eaux entourant les Samoa américaines et les zones proches du Monument national marin de la Fosse des Mariannes, qui protègent les écosystèmes autour des Îles Mariannes du Nord et de Guam, sont désormais envisagées pour des concessions commerciales.

Les évêques du Pacifique... soulignent que les profondeurs océaniques restent l’un des écosystèmes les moins bien compris de la Terre, et qu’en conséquence, les décisions prises aujourd’hui pourraient avoir des conséquences difficilement réversibles. Ils ont également rappelé leur responsabilité en tant que pasteurs de proclamer l’Évangile et d’éclairer ces questions à la lumière de l’enseignement social de l’Église. Dans cette optique, ils ont réaffirmé que les ressources de la Création sont confiées non seulement à cette génération, mais aussi à celles qui suivront. Pour les peuples du Pacifique, ont expliqué les évêques, cette conviction est profondément ancrée dans leur mode de vie. Ils ont exprimé leur espérance pour que l'on se souvienne de cette génération « non pas pour ce qu’elle a prélevé » de la Création, mais « pour ce qu’elle a protégé ».

La prudence, ont-ils reconnu, « n’est pas un obstacle au progrès », mais « la vertu qui permet au progrès authentique de servir à la fois l’humanité et la Création ». « L’Église ne s’oppose pas à la recherche scientifique ni au développement économique responsable, mais elle nous appelle à veiller à ce que le progrès technologique respecte toujours la dignité de la personne humaine, protège l’intégrité de la Création et serve le bien commun ». La sauvegarde de la Création, ont-ils assuré, ne peut être dissociée de la justice, de la paix, de la culture et de la dignité des peuples.

Enfin, les évêques du Pacifique ont prié pour que « le Christ, par qui toutes choses ont été créées et en qui toutes choses tiennent ensemble, accorde la sagesse à nos dirigeants, le courage à nos communautés et des cœurs qui restent attentifs tant au cri de la Terre qu’au cri des pauvres » ... « Que le Saint-Esprit nous guide pour que nous prenions des décisions enracinées dans la vérité, la justice et la charité, afin que les générations futures puissent hériter d’un océan qui continue à proclamer la gloire de Dieu et à subvenir aux besoins des peuples du Pacifique ».

+ Monseigneur Jean-Pierre COTTANCEAU

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